Oiseaux

« Ci-dessus, busard des roseaux femelle, étang de Lachaussée, Meuse, le 20 avril 2023 »
« Des lignes parfaites dessinent la silhouette de cette cigogne noire photographiée lors de son retour printanier le 13 mai 2019 non loin de l’étang du Roudillou en Aveyron »

Oiseaux

« Oiseaux de rêve, oiseaux de jade, d’estampe, par myriade

Multicolores, d’ébène ou d’ivoire, oiseaux de nuit, au manteau de neige,

Oiseaux du ciel et de la terre,

Oiseaux des bois,

 De plein vent ou de haute mer, à qui sont déférés les honneurs divins, de vertu et de courage.

Oiseaux de dignité qui portez ma plume jusqu’au rivage de l’intime, je vous admire à genoux !

Vos rémiges aux propriétés sustentatrices ont l’audace du Très-haut vertige.

L’air et l’eau se plient à vos prodiges innés.

De quel miracle, tenez-vous cette volonté inflexible et reviviscente ?

N’est-ce pas là, le trait de génie d’une nature incroyablement inventive ?

C’est à vous, du reste, et non point à l’homme corrompu que « l’esprit des lois » a conféré la précieuse alula* qui vous porte. Et avec elle, la maîtrise des tumultes aériens.

Remous et tourbillons n’ont de prise sur vos couvertures alaires.

Et vues d’en haut, les contingences terrestres semblent bien vaines.

Quel bonheur de voir la déferlante glisser ainsi sans heurt au souffle d’un vibrant alleluia, sur une ligne de portée où grisolle la grâce d’être vivant.

On devine au milieu de la tourmente, un séraphin décrivant des orbes sûrs au dessus de sociétés à l’agonie, où la violence semble être l’effroyable règle.

Je vois du cœur battant à travers vos yeux perçants, et je vole de vos ailes de vent d’un pays à l’autre, de gorges profondes aux sommets de brumes éthérées.

En bas, les petits hommes gris procrastinent. Qu’attendent-ils ? Ne savent-ils pas que le myosotis bat pavillon d’oreille ? Que les fleurs odoriférantes entendent les frétillements d’abeilles ?

Humains ! Songez à la branche reconnaissante au bout, tout au bout de laquelle chante le ciel. »

                                                                            Denis Wagenmann, le Puech le 21 octobre 2024.

* Alula : ensemble de quelques petites plumes appelées polliciales, situées sur les petites couvertures, qui permettent d’atténuer les effets du vent pendant le vol et notamment à l’atterrissage.

bourdonnements d’abeilles sauvages sur brèche toute neuve (image ci-dessus), Le Puech, Cantal le 08 mai 2022

Oiseaux des bois

La grive musicienne (turdus philomelos)

Oiseaux des roselières

La phragmite ds joncs (acrocephalus schoenobaenus)

4 commentaires

  • Vernin

    Bonjour Denis, je tenais à te remercier et te féliciter pour tes enregistrements merveilleux, tes mots poétiques et le partage de ton savoir et de tes réflexions. Sandrine Vernin.

    • Denis Wagenmann

      Les mots, les sons à fortiori la musique et la poésie, et d’une manière générale les arts, auxquels j’associe les sciences quand elles sont au service de la connaissance et du bien être de tous, n’ont de portée que s’ils trouvent écho dans le coeur merveilleux et l’esprit éclairé de celui ou de celle qui les accueille.
      Merci infiniment Sandrine pour ton retour qui donne sens à ce travail que je mène avec passion.
      Denis

  • Véro Garcia

    Bonjour Denis
    Je te remercie infiniment de ton travail passionné envers les oiseaux et leur musique. Pour plusieurs raisons. D’abord parce que je ressens le même désir de partager la beauté et l’inepuisable vitalité des fleurs sauvages de ce pays. Ensuite parce que le chant de la grive évoque pour moi un printemps perpétuel à chaque écoute, le cri du busard des marais, celui du ciel encore habité où tournoie le Milan royal au dessus de ma tête- c’est une grâce , et enfin parce que tes actions me réconfortent : réenchanter la nature est une action aussi forte que replanter des arbres !

    • Denis Wagenmann

      C’est plutôt l’esprit de l’homme qu’il nous faut réenchanter ! Nous sommes nombreux à penser que la nature quand bien même celle-ci peut être rude parfois, dangereuse même, est une source d’émerveillement inépuisable. Qui que l’on soit, il faut garder à l’esprit, je crois, ce que Darwin disait : « l’homme est une espèce comme une autre ». Nous avons notre place dans ce monde, ni plus ni moins, nécessairement en responsabilité. Je connais et apprécie grandement ton sens du partage et ton amour passionné pour la nature, en particulier les plantes. C’est aussi dans la mesure de mes compétences, ma démarche : faire connaître, pour faire aimer. Merci à toi pour cela aussi.
      Denis

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